La formation aide-soignante se déroule sur 11 mois, son parcours permettant de valider les 11 compétences du référentiel, regroupés en 5 blocs de compétences, est décliné à l’IFAS en 10 modules de formation.
| Modules de la Formation | Bloc de compétences et Compétences visées |
|---|---|
| Bloc 1 – Compétence 1 : Accompagner les personnes dans les actes essentiels de la vie quotidienne et de la vie sociale, personnaliser cet accompagnement à partir de l’évaluation de leur situation personnelle et contextuelle et apporter les réajustements nécessaires. | |
| Module 2 – Repérage et prévention des situations à risque | Bloc 1 – Compétence 2 : Identifier les situations à risque lors de l’accompagnement de la personne, mettre en oeuvre les actions de prévention adéquates et les évaluer. |
| Module 3 – Évaluation de l’état clinique d’une personne | Bloc 2 – Compétence 3 : Évaluer l’état clinique d’une personne à tout âge de la vie pour adapter sa prise en soins. |
| Module 4 – Mise en œuvre des soins adaptés, évaluation & réajustement | Bloc 2- Compétence 4 : Mettre en oeuvre des soins adaptés à l’état clinique de la personne. |
| Module 5 – Accompagnement de la mobilité de la personne aidée | Bloc 2 – Compétence 5 : Accompagner la personne dans son installation et ses déplacements en mobilisant ses ressources et en utilisant les techniques préventives de mobilisation. |
| Module 6 – Relation & communication avec les personnes et leur entourage | Bloc 3 – Compétence 6 : Etablir une communication adaptée pour informer et accompagner la personne et son entourage. |
| Module 7 – Accompagnement des personnes en formation et communication avec les pairs | Bloc 3 – Compétence 7 : Informer et former les pairs, les personnes en formation et les autres professionnels. |
| Module 8 – Entretien des locaux et des matériels ; Et prévention des risques associés |
Bloc 4 – Compétence 8 : Utiliser des techniques d’entretien des locaux et du matériel adaptées en prenant en compte la prévention des risques associés. Bloc 4 – Compétence 9 : Repérer et traiter les anomalies et dysfonctionnements en lien avec l’entretien des locaux et des matériels liés aux activités de soins. |
| Module 9 – Traitement des informations | Bloc 5 – Compétence 10 : Rechercher, traiter et transmettre, quels que soient l’outil et les modalités de communication, les données pertinentes pour assurer la continuité et la traçabilité des soins et des activités |
| Module 10 – Travail en équipe pluri‑professionnelle, qualité & gestion des risques | Bloc 5 – Compétence 11 : Organiser son activité, coopérer au sein d’une équipe pluri-professionnelle et améliorer sa pratique dans le cadre d’une démarche qualité / gestion des risques |
La formation aide-soignante et ses modules peut sembler complexe à comprendre pour les futurs apprenants, notamment en raison de la diversité des compétences à développer.
Cet article présente de manière claire et structurée les 10 modules fondamentaux, allant de l’accompagnement des personnes aux soins d’hygiène, en passant par l’évaluation clinique et la gestion des risques. Vous découvrirez comment ces enseignements théoriques et pratiques préparent efficacement au diplôme et à l’exercice du métier dans différents cadres professionnels.
Rentrons donc dans le détail de chaque module du programme du DEAS dispensé au sein des IFAS.

Accompagnement d’une personne dans les activités de la vie quotidienne
Le module d’accompagnement personnalisé constitue un pilier de la formation d’aide-soignant. Il repose sur le Projet d’accompagnement personnalisé (PAP), formalisant besoins et objectifs pour concilier autonomie, qualité de vie et coordination des soins. En effet, ce module prépare à la diversité des missions quotidiennes et au travail en équipe pluriprofessionnelle.
L’évaluation des besoins repose sur l’observation de l’état général, des paramètres vitaux et de l’état clinique. Elle permet d’identifier les signes de dépendance pour adapter l’accompagnement. En effet, les 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson servent de repères pour structurer cette évaluation globale des capacités de la personne.
L’aide aux gestes quotidiens implique des techniques spécifiques pour l’alimentation, l’hygiène et la mobilité. Pour l’aide à l’alimentation, il faut installer le résident assis, tête penchée en avant, avec une petite cuillère. En outre, les personnes âgées de plus de 70 ans ont des besoins énergétiques 20% supérieurs à leurs 30 ans.
L’accompagnement à la vie sociale favorise bien-être et prévient l’isolement. Il peut inclure des activités collectives, des sorties ou des échanges réguliers. En effet, les personnes disposant de liens sociaux forts ont 50% de chances de survie en plus, soulignant l’importance de cette dimension. Ainsi, ce module prépare à intégrer la socialisation dans l’accompagnement global.
Repérage et prévention des situations à risque
Ce module forme l’aide-soignant à identifier, prévenir et signaler les risques potentiels pouvant altérer la santé ou la sécurité des personnes. Il s’inscrit dans une logique de surveillance active et de prévention des complications, au cœur du rôle de proximité de l’aide-soignant.
L’analyse des risques repose sur l’observation des signes cliniques, comportementaux ou environnementaux : risques infectieux, chutes, escarres, malnutrition, troubles de la déglutition ou altérations de la conscience. Chaque facteur doit être repéré précocement pour éviter l’aggravation. À titre d’exemple, une rougeur persistante sur un talon peut signaler le début d’un processus d’escarre.
Les actions de prévention incluent le respect des protocoles d’hygiène, le repositionnement régulier, l’adaptation de l’environnement (barrières, signalisation), ou encore l’encouragement à la mobilisation. L’aide-soignant joue aussi un rôle dans l’éducation aux règles de sécurité : sensibiliser la personne à ses limites, à l’utilisation d’aides techniques, ou à la bonne posture lors des transferts.
La traçabilité des observations dans le dossier de soins permet la coordination avec l’équipe pluri-professionnelle. En cas de situation critique, l’alerte immédiate auprès de l’infirmier ou du médecin est indispensable pour garantir la sécurité de la personne accompagnée.
Évaluation de l’état clinique d’une personne
L’évaluation clinique constitue un pilier de la formation d’aide-soignante. Elle permet d’identifier les signes physiques et comportementaux évocateurs d’une altération de l’état de santé. En effet, cette compétence favorise une prise en charge adaptée et sécurisée, en constituant une base pour le travail de l’infirmier.
L’observation systématique des paramètres vitaux sert de base à l’analyse clinique. La température, le pouls, la fréquence respiratoire, la tension artérielle, la SpO2 et la glycémie font l’objet d’évaluations régulières. En outre, l’état de conscience, la douleur et le comportement fournissent des indicateurs complémentaires essentiels pour l’analyse de la situation.
Le repérage des signes d’alerte doit être systématique. Des valeurs critiques comme un pouls < 50 ou > 120 battements/min, une TA systolique < 100 ou > 200 mmHg ou une glycémie < 0,8 g/l nécessitent une alerte immédiate. En cas de détresse respiratoire, l’incapacité à tousser ou parler indique une obstruction des voies aériennes.
La maîtrise des techniques de mesure reste fondamentale pour une évaluation précise. Une température normale varie entre 36,5°C et 37,4°C, une pulsation normale entre 60 et 80 battements/min. Les pathologies fréquentes incluent l’AVC, le diabète, l’asthme et l’infarctus, nécessitant une reconnaissance précoce pour une prise en charge optimale.
Mise en œuvre des soins adaptés, évaluation & réajustement
Le module soins personnalisés forme aux interventions adaptées aux besoins spécifiques des personnes. Il développe des compétences techniques pour l’application des soins en fonction de l’état clinique. En effet, il s’agit d’oeuvrer pour la qualité de vie des personnes, en cohérence avec le projet personnalisé. Ainsi, ce module constitue un axe majeur de la formation aide-soignante.
L’évaluation des soins suit le cycle PRÉA (Planifier, Réaliser, Évaluer, Agir) pour mesurer leur efficacité. Des indicateurs objectifs comme l’autonomie retrouvée ou la diminution des douleurs guident le réajustement. Cependant, certains paramètres nécessitent des observations plus fréquentes, notamment pour les personnes fragilisées. En général, un suivi régulier garantit la pertinence des interventions.
La pharmacologie enseigne les bases de la pharmacocinétique et la DCI pour identifier les molécules actives. L’aide-soignant distribue les médicaments oraux et assiste à leur prise sous supervision. En outre, il repère les effets secondaires et signale les anomalies à l’infirmier. Cette formation prépare à la sécurité médicamenteuse et à la prévention des erreurs.
Les techniques d’hygiène et de confort incluent la toilette, les soins buccaux non médicaux et l’aide à l’habillage. L’utilisation des dispositifs médicaux courants fait partie des compétences acquises. En particulier, la toilette complète au chariot douche nécessite des gestes techniques précis. Enfin, l’entretien des équipements et l’utilisation des aides techniques complètent cette formation pratique.
Accompagnement de la mobilité de la personne aidée
Le module 5 forme à accompagner la personne dans son installation et ses déplacements. Cela passe par des connaissances théoriques sur la composition d’un déplacement, la physiologie d’un mouvement et les capacités de la personne. Le tout doit se faire en favorisant l’autonomie des personnes aidées : identifier et utiliser des matériels d’aide, mais aussi identifier les situations à risque pour la personne et pour soi-même, et les mesures de prévention appropriées
Les techniques de mobilisation sécurisée, adaptant travail aux capacités humaines. Elle réduit les blessures des soignants et améliore le bien-être des patients. En outre, l’utilisation de draps de transfert facilite les déplacements, diminuant la force requise de 40% en moyenne selon les données.
Les techniques préventives de manutention assurent la sécurité des patients et préviennent les troubles musculo-squelettiques (TMS). Elles impliquent équipements et bonnes postures corporelles. Pour un transfert lit-fauteuil, deux soignants synchronisent mouvements, fléchissent genoux et utilisent muscles des jambes, réduisant les risques professionnels.
Les aides techniques à la manutention varient selon la dépendance des patients. Un lève-personne mécanique sert au transfert total d’un dépendant vers un fauteuil. Des draps de glisse facilitent le repositionnement dans le lit. En général, ces dispositifs préviennent les TMS, problèmes majeurs chez les infirmiers selon les études.
Relation & communication avec les personnes et leur entourage
Le module sur la communication est central dans la formation d’aide-soignante. Il vise à établir une communication sécurisée et respectueuse pour la qualité des soins. En effet, 60% des événements indésirables hospitaliers découlent d’une mauvaise transmission d’informations, soulignant son rôle dans la sécurité des patients et la coordination d’équipe.
L’adaptation de la communication varie selon les publics et les situations. Pour un patient anxieux, un ton calme et des pauses permettent d’instaurer la confiance. En outre, les personnes âgées nécessitent un langage clair et des répétitions. La reformulation vérifie la compréhension, notamment pour les 63 patients d’une étude sur les profils introvertis, illustrant l’importance d’une écoute personnalisée.
La communication verbale repose sur les mots et le ton, tandis que la non verbale inclut le regard, les gestes et l’attitude. L’écoute active, inspirée des travaux de Carl Rogers, implique reformulation et questions ouvertes. En effet, 93% de la communication est non verbale selon Mehrabian, soulignant l’importance de l’harmonie entre paroles et gestes lors des soins.
La transmission d’informations aux patients utilise des supports accessibles (écrits, visuels) et vise la compréhension partagée. Les dossiers médicaux électroniques réduisent la charge administrative, libérant du temps pour l’échange humain. Cependant, des études montrent une faible rétention des consignes post-hospitalières, rendant nécessaire des méthodes comme le « teach-back » pour vérifier la compréhension. Les données sensibles restent encadrées par des lois strictes.
Accompagnement des personnes en formation et communication avec les pairs
Ce module initie l’aide-soignant à la communication professionnelle, à la transmission des savoirs et à la coopération avec les équipes de soins. Il vise à développer une posture professionnelle bienveillante et constructive, essentielle dans un environnement collaboratif.
La communication interprofessionnelle repose sur des échanges clairs, précis et respectueux entre collègues. Elle comprend la capacité à transmettre des informations utiles, à écouter activement, à reformuler, et à adapter son langage au contexte. L’aide-soignant participe aux transmissions orales, rédige des transmissions écrites ciblées, et alimente le dossier de soins en lien avec les observations faites auprès des patients.
L’accompagnement des pairs et des stagiaires fait aussi partie des missions d’un aide-soignant expérimenté. Il s’agit de transmettre des savoir-faire, de guider, de rassurer, tout en respectant le niveau d’autonomie de chacun. Observer un apprenant, donner un retour bienveillant, et valoriser ses progrès sont des compétences valorisées dans les services.
Enfin, ce module sensibilise à l’importance de la posture réflexive : analyser sa propre communication, reconnaître ses limites, demander de l’aide en cas de doute, ou proposer des pistes d’amélioration. Il encourage à construire des relations de travail basées sur la confiance, le respect des rôles et la reconnaissance des compétences de chacun.
Entretien des locaux et des matériels ; Et prévention des risques associés
Le module sur l’entretien et locaux et l’hygiène joue un rôle clé dans la prévention des infections nosocomiales. Il enseigne les techniques d’entretien des locaux et la gestion des risques. En effet, les germes peuvent survivre jusqu’à 48 heures sur les surfaces dures, soulignant l’importance de ce module dans la formation aide-soignante.
Les techniques de nettoyage varient selon les surfaces et la contamination. Le balayage humide élimine 90% des salissures non adhérentes. Le bio-nettoyage combine nettoyage et désinfection en une étape. En général, les microfibre et monobrosses sont utilisées pour des résultats optimaux. Ces pratiques visent la sécurité des patients et des soignants.
La gestion des déchets suit des protocoles précis selon leur nature. Les DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux) sont placés en conteneurs jaunes, les déchets domestiques en sacs noirs. En outre, 20% des déchets médicaux présentent un risque, nécessitant une prise en charge spécifique pour la sécurité sanitaire.
L’hygiène s’adapte aux environnements hôpital ou domicile. En établissement, les protocoles incluent désinfection des surfaces et matériel. À domicile, l’hygiène des mains est importante (ongles courts, sans bijoux). En effet, la friction hydroalcoolique doit durer 30 secondes minimum pour une efficacité optimale selon les recommandations.
Traitement des informations
La transmission des informations assure la continuité des soins via des transmissions précises. Elle permet une traçabilité des actions et protège juridiquement le professionnel. Ainsi, l’absence de transmission pourrait être interprétée comme une absence d’acte, selon la circulaire de 1985. Les méthodes comme la CDAR structurent ces échanges professionnels.
La recherche d’informations s’appuie sur l’observation clinique et les outils de suivi. Les transmissions orales et écrites utilisent des formats standardisés comme la SAED. En outre, les données essentielles à la sécurité sont systématiquement transmises, notamment les modifications de l’état clinique ou les soins spécifiques réalisés.
Les modalités de communication varient selon le contexte professionnel. Les échanges verbaux utilisent des outils standardisés comme Hublo ou Team’Doc pour la sécurité. En revanche, le non-verbal (regard, attitude) influence 55% de la communication selon Mehrabian. Ainsi, l’adaptation du langage aux destinataires reste fondamentale pour la clarté.
La tenue du dossier de soins suit des règles précises de confidentialité. Les écrits professionnels documentent les actions réalisées et les observations cliniques. En général, les dossiers informatisés facilitent l’accès aux données partagées. Enfin, les transmissions orales prennent entre 20 et 30 minutes pour 15 lits, nécessitant une organisation rigoureuse.
Les modules de la formation d’aide-soignante forment un socle solide, mêlant accompagnement personnalisé, évaluation clinique et prévention des risques. Intégrer ces compétences clés permet d’acquérir un savoir-faire technique et humain, indispensable à l’exercice du métier. En suivant ce cursus structuré, le futur soignant se prépare à œuvrer pour la qualité de vie des personnes, dans le respect des normes de santé et de sécurité.
Travail en équipe pluri‑professionnelle, qualité & gestion des risques
Ce module développe les compétences de l’aide-soignant en matière de travail en équipe, de partage d’informations, de démarche qualité et de gestion des risques. Il prépare à une intégration harmonieuse dans les organisations de soins et à une participation active à la sécurité des prises en charge.
Le travail en équipe pluri-professionnelle repose sur la connaissance du rôle de chacun, la capacité à collaborer, à transmettre les informations pertinentes et à respecter les responsabilités des autres intervenants. L’aide-soignant agit sous la responsabilité de l’infirmier, mais il est aussi en lien avec les médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, ASH, éducateurs, et autres professionnels du soin ou de l’accompagnement. Cette coopération est essentielle pour garantir la continuité et la cohérence des soins.
La démarche qualité s’appuie sur la traçabilité des soins, la participation à des protocoles établis, et l’évaluation des pratiques. L’aide-soignant contribue à l’amélioration continue en respectant les procédures, en signalant les écarts ou dysfonctionnements, et en participant à la prévention des événements indésirables (erreurs médicamenteuses, infections associées aux soins, chutes…).
En matière de gestion des risques, il doit savoir repérer une situation à risque, réagir en conséquence et transmettre l’information à l’équipe. Cela inclut les risques pour les patients, mais aussi pour les professionnels eux-mêmes (TMS, agressions, stress, etc.).
Enfin, ce module encourage une posture réflexive et éthique : s’interroger sur ses pratiques, accepter les retours de ses pairs, participer à des démarches d’amélioration collective, et rester dans une dynamique d’apprentissage tout au long de sa carrière